Le cinéma de Tietie007.

Le cinéma de Tietie007.

DESTIN BRISé : CAROLE LOMBARD ET CLARK GABLE.

 

Deux immenses stars de l'entre-deux-guerres, réunis sous le ciel d'Hollywood, en 1939, pour le meilleur et surtout pour le pire.


 

Juste après le célébrissime film d'Ernst Lubitsch, To be or not to be, parodie ridiculisant les nazis, Carole Lombard disparaît dans un accident d'avion, le DC-3 qui la ramenait à Los Angeles s'écrasant sur le Mont Potosi, le 16 janvier 1942, laissant un Clark Gable dévasté par le chagrin. Investie derrière son pays contre les japonais, le président Roosevelt la décora, à titre posthume,  de la Médaille présidentielle de la Liberté et déclara qu'elle était la première femme tuée dans ses fonctions. Clark Gable, décédé juste après le tournage des Misfits, en 1960, repose à ses côtés, au Forrest Lawn Memorial Park, à Glendale, en Californie.


 

Ce petit article pour sortir de l'oubli ce bonheur perdu, les étoiles, fussent-elles hollywoodiennes, sont aussi mortelles.

 



25/02/2017
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THE LODGER DE JOHN BRAHM (1944).

 

The Lodger, est une variation sur le thème de Jack l'Eventreur par le réalisateur anglais John Brahm. Le film est intéressant par son ambiance nocturne, brumeuse, photographiée par le talentueux Lucien Ballard, directeur de la photographie qui eut une carrière d'un demi-siècle, qui commença avec Josef von Sternberg et qui travailla avec Kubrick, Hathaway ou Sam Peckinpah !

Si les stars du film sont George Sanders


 

et Merle Oberon,

 


 

c'est l'acteur Laird Cregar qui va éclipser tout le monde. Dans le rôle d'un inquiétant médecin, souvent filmé en contre-plongée,

 


 

avec ce regard pénétrant et ostentatoire, typique du jeu théâtral,

 


 

figeant son auditoire,

 


 

sournois,

 


 

omniprésent,

 


 

il est la vraie star du film, chassé par l'inspecteur joué par George Sanders.

 


 

Le final verra un feu d'artifice d'expressions folles, avec Laird Cregar comme envoûté par une force maléfique !

 


 

Cregar mourut prématurément, d'une crise cardiaque, en décembre 1944, certainement pour ça qu'il est peu connu des cinéphiles.

 

Enjoy the picture !

 


 

 


13/02/2017
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FELLINI VERSUS VISCONTI.

 

Le cinéma italien a été dominé par deux géants, après-guerre, Federico Fellini et Luchino Visconti. Mais les deux hommes furent, pendant longtemps, jusqu'en 1970, en complète opposition. Luchino Visconti était issu d'une famille aristocratique milanaise alors que Fellini venait de la petite bourgeoisie commerçante de Rimini, deux conditions sociales divergentes qui allaient jusqu'à influencer leur style cinématographique.

Curieusement, l'aristocrate Visconti fit son apprentissage auprès de Jean Renoir, sur une Partie de campagne (1936) et c'est durant cette campagne de France qu'il connût son "chemin de Damas", lui le nobliaux qui se convertit au matérialisme marxiste ! Fellini fit son école auprès du maître du néo-réalisme, Roberto Rossellini, dans Rome, ville ouverte (1945).

En 1954, les deux hommes réalisèrent deux oeuvres majeures. Visconti commençait à s'éloigner du néo-réalisme en privilégiant les reconstitutions historiques, ce fut Senso,


où l'on retrouvait Massimo Girotti, le Gino amoureux de Clara Calamaï, dans Ossessione (1943) alors que Fellini laissait cour à sa rêverie populaire dans La Strada, avec Anna Magnani.


Les deux films illustraient les différences de style, solennel et légèrement pompeux pour Luchino, léger et émouvant pour Federico ! Leur rivalité fut exacerbée à la Mostra de Venise, la même année, où Fellini reçut un prix mais pas Visconti !

En 1960, les deux cinéastes se trouvèrent une nouvelle fois en compétition. Fellini avec sa délicieuse Dolce Vita, variation sur l'oisiveté des élites romaines,


 

Visconti retournait à son néo-réalisme avec Rocco et ses frères.

 


 

Luchino fut tellement irrité par le succès du film de son homologue, qui faisait scandale de l'autre côté des Alpes, qu'il avait affirmé que Fellini avait filmé ses maîtres ce qui provoqua l'ire de Federico, qui revendiqua son origine populaire face au mépris de l'aristocratie milanais !

En 1963, les deux réalisateurs sont à nouveau en compétition, avec Le Guépard, vaste fresque historique sur l'aristocratie sicilienne,

 


 

alors que Fellini filait la métaphore égotiste dans 8 1/2, histoire d'un réalisateur à cours d'idée pour faire un film !


 

Les deux hommes épousaient alors une direction totalement différente, l'un, narrant les remous mélodramatiques de l'histoire italienne, l'autre, s'adonnant de plus en plus à la rêverie. L'un rigoureux sur le réalisme de ses oeuvres, l'autre chaotique dans ses chemins oniriques, l'un maître du plateau, l'autre bordélique à souhait ! Seul le musicien Nino Rota partageait les deux hommes !

C'est au festival de Spolète, en 1970,  que les deux hommes se réconcilièrent, l'un pour le Satyricon, oeuvre curieuse de Fellini, l'autre, pour le tragique Les Damnés. Les deux géants du cinéma italien faisaient alors la paix.

 



12/02/2017
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CONAN LE BARBARE DE JOHN MILIUS.

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En 1982 sortait Conan le Barbare, de John Milius, avec un inconnu musculeux nommé Arnold Schwarzenegger. John Milius, réalisateur de l'épique Le lion et le vent, était surtout connu comme scénariste, notamment d'Apocalypse Now et de l'Inspecteur Harry. J'étais allé au cinéma Cézanne, à Aix-en-Provence, le voir avec un ami, à sa sortie en salle et nous avions été époustouflés par les exploits de Schwarzy qui découpait à la chaîne des barbares hirsutes !


 

Mais au-delà des périples du héros cimérien, Milius a eu l'idée de génie d'embaucher James Earl Jones, acteur surtout connu pour être la voix de Dark Vador, qui va génialement interpréter un Thulsa Doom diabolique,


 

guerrier impitoyable et gourou effrayant, accompagné par deux chevelus patibulaires. Le film sera l'histoire d'une vengeance, celle de Conan voulant occire l'assassin de sa mère, ce gnafron de Thulsa Doom sur la musique incroyable de Basil Poledouris, mélodie épique qui devint culte ! La scène d'ouverture du film est une des plus réussie que j'ai jamais vue ! Enjoy Riders of Doom !

 


 

 


28/01/2017
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FRANçOIS TRUFFAUT : L'HOMME QUI S'AIMAIT.

 

François Truffaut a passé sa vie à se filmer. D'Antoine Doinel à la Nuit américaine, en passant par l'Homme qui aimait les femmes, le pape de la Nouvelle Vague a passé son temps à narrer sa vie, ses passions féminines, inventant une forme de post-modernisme cinématographique, rompant avec le cinéma de genre pour dévoiler son obsession égotiste. Sa nuit américaine, avec la délicieuse Jacqueline Bisset, fut son feu d'artifice narcissique, filmant Truffaut en train de faire un film, long-métrage curieux et quelque part réussi, qui avait fâché Jean-Luc Godard, autre tenant de la Nouvelle Vague, qui ne put supporter ce manifeste individualiste, alors qu'il sombrait dans la passion collectiviste post-soixanthuitarde !

 


 

Car le cinéma de Truffaut, à cette époque fort politisée, était totalement apolitique, tendu vers l'autoportrait, et les relations hommes-femmes, beaucoup plus sociétal que social, et il n'est pas étonnant qu'il fut fasciné par Alfred Hitchcock, cinéaste féru de psychanalyse et de blondes bien sages qui concevait un film comme un exercice de style, totalement détaché de tout réalisme.

 



C'est par cette thématique nouvelle, cette hypertrophie du Moi, que Truffaut est devenu célèbre, même outre-Atlantique, puisque Steven Spielberg l'embaucha même pour jouer un scientifique français, dans Rencontre du 3eme type, curieux rôle dans une super-production américaine, lui qui faisait plutôt des films à petits budgets.

Le cinéma de Truffaut illustre cette évolution des mentalités des années 60, en Occident, avec ce quant-à-soi triomphant, loin des utopies collectivistes déclinantes, un cinéma intimiste, où l'individu est roi et la société aliénante, un manifeste quasi-anarchiste version  Max Stirner plutôt que Bakounine !

 



17/01/2017
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