Le cinéma de Tietie007.

Le cinéma de Tietie007.

De John Ford à Sergio Leone, du western classique au western spaghetti.

Né durant les sixties, je suis un enfant de la TV des seventies, avec trois chaînes de TV qui passaient surtout des films des années 50 avec son cortège de westerns classiques qui voyaient s'affronter les bons et les méchants, souvent emplumés, le shérif épris de justice ou le justicier solitaire contre le grand propriétaire terrien, comme dans Rio Bravo ou  Shane,

 

avec un Alan Ladd qui affrontait ce "tueur à gages", Jack Palance, quintessence du mal !

 

 

Ce western classique était idéaliste, coloré, moraliste, faisant triompher  l'ordre contre l'anarchie, la loi contre la sauvagerie, véritable machine de propagande en faveur des valeurs christiano-américaines, avec ses héros positifs et ses mères de famille dévouées. Dénué de sens politique ou de critique sociale, louant l'ordre bienfaiteur, le genre "western", peu cher, était idéal pour alimenter les programmes télévisuels des années 70 et John Wayne était devenu l'oncle de tous les petits français.

 

 

Et puis, au début des années 60, c'est du Vieux Continent et plus particulièrement d'Italie que va venir une révolution westernienne, avec des cinéastes comme Sergio Leone, Sergio Corbucci ou Damiano Damiani qui vont revisiter les mythes de l'Ouest américain. Les héros américains d'antan vont se transformer en anti-héros, sans foi ni loi,

 

 

mus, non pas par la morale très chrétienne, mais par la cupidité, le cynisme remplaçant les bons sentiments. Au mise proprette et au décor en studio, le western spaghetti va opposer sa crasse poussiéreuse et ses crapules aux longs manteaux, 

 

reléguant les héros du western américain au rayon des bisounours ! La révolution italienne fut un vrai choc qui dérouta beaucoup de monde, mais connut un succès sans précédent, notamment en Europe, alors qu'aux USA, le genre spaghetti fut longtemps ignoré, remettant trop en cause les mythes fondateurs de ce pays. Les deux genres sont à l'image de leur musique, l'une classiquement country, fleurant bon le terroir et les valeurs de l'Ouest, comme avec les regrettés Dean Martin et Ricky Nelson,


 l'autre criarde et hétérodoxe, plus proche du rock progressif que de la bluette américaine.

 


 

Car la révolution spaghettienne se fait aussi avec la musique, qui loin d'être décorative, comme dans le western américain devient une actrice principale du film ! Un grand merci à Sergio Leone et à Ennio Morricone !



14/04/2013
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