Le cinéma de Tietie007.

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Western


"FISTFUL OF DOLLARS" OU LA REVOLUTION SERGIO LEONE.

 

En 1964, "Pour une poignée de dollars" de Sergio Leone, sortait sur les écrans, inaugurant un nouveau genre qu'on allait nommer le "Western Spaghetti", made in Italy ! Film à petit budget, Leone s'inspirait d'un film d'Akira Kurosawa, Yojimbo et allait embaucher des acteurs peu connus comme un certain Clint Eastwood, que le film allait lancer.

 


 

L'histoire s'articule autour de l'opposition de 2 familles, les Baxter et les Rodos. Ces derniers prennent le visage de 2 frères, Ramon, interprété par Gian Maria Volonte,

 


 

et son frère, Esteban, joué par l'acteur autrichien Sieghardt Rupp.

 


 

Deux clans qui s'affrontent, avec "un homme sans nom", au cigarillo, qui les montent les uns contre les autres.

 


 

Mais au-delà de l'histoire, assez classique, c'est plutôt dans la manière de filmer, que Leone va révolutionner le genre "western". Le réalisateur initie une nouvelle grammaire cinématographique, avec une lenteur calculée et ses gros plans qui exacerbent les tensions,

 


 


 

accompagnés d'une musique, d'Ennio Morricone, qui fait partie intégrante de l'oeuvre ! 

Les seconds rôles, chez le grand Sergio, ont des trognes bien populaires, comme le croque-mort joué par Joseph Egger,

 


 

ou le tavernier, interprété par José Calvo.

 


 

Et puis il y a la belle Marianne Koch !

 


 

Dans le cinéma de Leone, les femmes y sont quasi-absentes, l'italien ne parasitant jamais ses histoires avec des histoires d'amour et refusant la "femme à sa fenêtre" qui peuplait les westerns américains. Ici, malgré tout, il y a la présence de Marisol, désirée par Gian Maria Volonte, jouée par Marianne Koch et ses yeux bleus, couleur des yeux qui fut toujours importante pour le réalisateur transalpin, qui prit Henry Fonda, entre autres, pour cela, dans Il était une fois dans l'Ouest.

Le succès de "Fistful of dollars" généra deux suites, "Pour quelques dollars de plus" et le cultissime "Le bon, la brute et le truand", les 3 films feront partie de "La trilogie du dollar".

 


 

 

 

 

 


16/04/2017
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APACHE DRUMS D'HUGO FREGONESE, 1951.

 

Apache Drums, sorti en France sous le titre "Quand les tambours s'arrêteront" est un des innombrables westerns qu'Hollywood sortait à la chaîne, dans les années 50 et qui ont peuplé mes soirées des seventies, gavés qu'on était de western, genre très familial avec une chrétienne morale, valorisant la famille et la loi, ce qui ne pouvait que convenir à la censure catholico-gaullienne. J'avais adoré cet Apache Drums, enfant, et 40 ans plus tard, voici que je revisionne cette antiquité westernienne.La première particularité de ce film est qu'il fut réalisé par un metteur en scène argentin, Hugo Frégonèse, qui avait étudié aux USA, et qui illustrait le cosmopolitisme des studios américains, qui n'hésitaient pas à faire travailler les meilleurs réalisateurs mondiaux, je pense notamment aux allemands comme Siodmak ou Lang, qui avaient fui le nazisme.

L'action du film se passe au Nouveau-Mexique, dans un pueblo écrasé sous le soleil où vit une petite communauté surveillée par le sévère révérend Griffin, interprété par Arthur Shields, et gérée par Joe Madden, le maire, joué par Willard Parker.

 


                                (Arthur Shields et Willard Parker)

Dans cette bourgade, un certain Sam Leeds, interprété par Stephen Mcnally, brouille l'ordre social, cow-boy sans attache et as de la gâchette qui après un duel gagné s'est attiré l'ire de la communauté et du maire, Joe Madden, qui le bannit du village.

 


                 (Williard Parker et Stephen Mcnally)

Mais l'édile local a une motivation secrète pour virer Leeds. Les deux hommes font la cour à la jolie Sally, interprétée par Coleen Gray,


 

qui a tendance à préférer ce mauvais garçon de Sam au gentil maire Joe.

 


 

Expulser Sam Leeds avait donc un double avantage, celui de se débarrasser d'un électron libre dangereux pour la cohésion du groupe et d'un concurrent pour séduire la jolie donzelle. Le cow-boy s'en alla donc, mais tomba, par hasard, sur un convoi de filles de petites vertus attaqué et détruit par les Apaches. Le pauvre Jehu, compagnon d'infortune,

 


 

joué par Clarence Muse, premier acteur noir à interpréter des rôles de premier plan, dans son dernier souffle, avertit Sam Leeds du bellicisme des Mescaleros. Le sang du cow-boy ne fit qu'un tour, il fallait prévenir le village de l'imminence du danger, ce qu'il fit. Le retour du banni ne fut pas très heureux, mais le "joli coeur" se rabibocha avec le sévère révérend, qu'il sauva de la fureur des Indiens,

 


 

en faisant de lui un allié précieux,

 


 

pour s'imposer à son rival de maire.

Retranchés dans l'Eglise encerclée par les Mescaleros, les deux rivaux vont s'unir pour parer au danger, oubliant leur rivalité amoureuse.

 


 

Et, à la fin, c'est la cavalerie qui va sauver tout le monde, comme dans tout bon western de l'époque !

 


 

Ce western de série B vaut surtout par cette rivalité amoureuse, qui oppose deux fortes têtes reléguant l'histoire des indiens au second plan. Les Mescaleros, ici, ne sont qu'un prétexte pour exacerber le dilemme entre les deux rivaux. Faut-il qu'ils se battent pour la coeur de la jolie Sally ou qu'ils s'unissent contre les indiens ? La raison, ici, aura le dessus sur les émotions, et l'union sacrée sera faite face au danger !

Un bon petit western qui m'a fait connaît la très belle Coleen Gray et l'acteur afro-américain, Clarence Muse.

 


 


19/03/2017
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LE DERNIER FACE A FACE.

 

En 1967, alors que Sergio Leone triomphait avec sa "trilogie du $", Sergio Sollima sortait "Le dernier face à face", avec Gian Maria Volonte et Tomas Milian. Plus politique que son grand-frère américain, le western spaghetti va révolutionner les codes narratifs du genre et surtout montrer une réalité sans fard, loin de l'angélisme bon enfant de son alter ego d'outre-manche. Sollima qui, un avant, avait tourné Colorado, western avec Lee Van Cleef et Tomas Milian, remet le couvert pour ce face à face qui va opposer deux hommes et deux philosophies, le professeur Brett Fletcher, joué par Gian Maria Volonte,


 

et l'outlaw Bauregard Bennet, interprété par Tomas Milian.


 

L'intello Fletcher, dandy souffreteux,


va se transformer au contact de cette séduisante crapule de Beauregard.


Il va apprendre à se servir d'une arme,


 

et va savourer le fait d'appartenir à la horde, une bande de réprouvés qui se cachent dans la sierra, commandée par Beauregard.


De l'intellectuel à l'homme d'action, Fletcher va essayer de transformer cette horde en armée, de faire de cette bande de va-nus-pieds une troupe disciplinée, visant à terrasser l'ordre bourgeois,


défendu par l'agence Pinkerton et son agent, Siringo, joué par William Berger.


La nouvelle conception de Fletcher remet en cause, implicitement, le leadership de Beauregard, bandit sans foi ni loi, aux actions sans lendemain.


Mais l'ascension de Fletcher est patente, et le théoricien va se muer en redoutable chef, torturant ses adversaires,


et s'entichant de la plus belle femme du groupe,


jouée par Jolanda Modio.


Mais les pouvoirs établis ne peuvent supporter cette nouvelle bande remettant en cause l'ordre social,


et envoie Siringo pour éliminer les chefs de cette horde.


 

Traquée, la horde et les deux chefs rivaux, vont affronter les hommes de Pinkerton,


à deux contre 50,


avec un Fletcher prêt à tout,


 

même au pire !


 

Sollima fait ici le procès de ces théoriciens de la révolution, pour qui le peuple est plus un "concept" qu'une réalité, et qui dans leur désir de transformer le monde, instrumentalise les petites gens à des fins idéologiques. Beauregard est un bandit, un séduisant vaurien, qui vole, pille, tue, mais il a en lui une certaine humanité dont est en fait dépourvu le professeur Fletcher. Ce dernier voit la violence comme un moyen pour changer le monde, alors que Beauregard se sert juste de l'action violente pour faire vivre la horde. On retrouvera la même problématique, 4 ans plus tard, dans Il était une fois la Révolution de Sergio Leone, avec l'opposition entre le chef de Parti, le Dr Villegas, qui trahira les  siens et le paysan/bandit, joué par Rod Steiger, violent et frustre, mais humain et courageux.

Sollima, comme Leone, s'inscrit dans la mouvance anarchiste et se méfie des pouvoirs institués, fussent-ils révolutionnaires, qui s'incarnent dans des chefs comme Fletcher ou Villegas, qui imposent au peuple un ordre tout aussi coercitif que l'ordre bourgeois.

6 ans plus tard, Leone dans Mon nom est personne, rendra hommage au Dernier face à face, en nommant son anti-héros, le gunfight Henry Fonda, "Beauregard", qui devra combattre une horde.

Le dernier face à face, un western à redécouvrir.


 

 

 

 


22/12/2013
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De John Ford à Sergio Leone, du western classique au western spaghetti.

Né durant les sixties, je suis un enfant de la TV des seventies, avec trois chaînes de TV qui passaient surtout des films des années 50 avec son cortège de westerns classiques qui voyaient s'affronter les bons et les méchants, souvent emplumés, le shérif épris de justice ou le justicier solitaire contre le grand propriétaire terrien, comme dans Rio Bravo ou  Shane,

 

avec un Alan Ladd qui affrontait ce "tueur à gages", Jack Palance, quintessence du mal !

 

 

Ce western classique était idéaliste, coloré, moraliste, faisant triompher  l'ordre contre l'anarchie, la loi contre la sauvagerie, véritable machine de propagande en faveur des valeurs christiano-américaines, avec ses héros positifs et ses mères de famille dévouées. Dénué de sens politique ou de critique sociale, louant l'ordre bienfaiteur, le genre "western", peu cher, était idéal pour alimenter les programmes télévisuels des années 70 et John Wayne était devenu l'oncle de tous les petits français.

 

 

Et puis, au début des années 60, c'est du Vieux Continent et plus particulièrement d'Italie que va venir une révolution westernienne, avec des cinéastes comme Sergio Leone, Sergio Corbucci ou Damiano Damiani qui vont revisiter les mythes de l'Ouest américain. Les héros américains d'antan vont se transformer en anti-héros, sans foi ni loi,

 

 

mus, non pas par la morale très chrétienne, mais par la cupidité, le cynisme remplaçant les bons sentiments. Au mise proprette et au décor en studio, le western spaghetti va opposer sa crasse poussiéreuse et ses crapules aux longs manteaux, 

 

reléguant les héros du western américain au rayon des bisounours ! La révolution italienne fut un vrai choc qui dérouta beaucoup de monde, mais connut un succès sans précédent, notamment en Europe, alors qu'aux USA, le genre spaghetti fut longtemps ignoré, remettant trop en cause les mythes fondateurs de ce pays. Les deux genres sont à l'image de leur musique, l'une classiquement country, fleurant bon le terroir et les valeurs de l'Ouest, comme avec les regrettés Dean Martin et Ricky Nelson,


 l'autre criarde et hétérodoxe, plus proche du rock progressif que de la bluette américaine.

 


 

Car la révolution spaghettienne se fait aussi avec la musique, qui loin d'être décorative, comme dans le western américain devient une actrice principale du film ! Un grand merci à Sergio Leone et à Ennio Morricone !


14/04/2013
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