Le cinéma de Tietie007.

Le cinéma de Tietie007.

FELLINI VERSUS VISCONTI.

 

Le cinéma italien a été dominé par deux géants, après-guerre, Federico Fellini et Luchino Visconti. Mais les deux hommes furent, pendant longtemps, jusqu'en 1970, en complète opposition. Luchino Visconti était issu d'une famille aristocratique milanaise alors que Fellini venait de la petite bourgeoisie commerçante de Rimini, deux conditions sociales divergentes qui allaient jusqu'à influencer leur style cinématographique.

Curieusement, l'aristocrate Visconti fit son apprentissage auprès de Jean Renoir, sur une Partie de campagne (1936) et c'est durant cette campagne de France qu'il connût son "chemin de Damas", lui le nobliaux qui se convertit au matérialisme marxiste ! Fellini fit son école auprès du maître du néo-réalisme, Roberto Rossellini, dans Rome, ville ouverte (1945).

En 1954, les deux hommes réalisèrent deux oeuvres majeures. Visconti commençait à s'éloigner du néo-réalisme en privilégiant les reconstitutions historiques, ce fut Senso,


où l'on retrouvait Massimo Girotti, le Gino amoureux de Clara Calamaï, dans Ossessione (1943) alors que Fellini laissait cour à sa rêverie populaire dans La Strada, avec Anna Magnani.


Les deux films illustraient les différences de style, solennel et légèrement pompeux pour Luchino, léger et émouvant pour Federico ! Leur rivalité fut exacerbée à la Mostra de Venise, la même année, où Fellini reçut un prix mais pas Visconti !

En 1960, les deux cinéastes se trouvèrent une nouvelle fois en compétition. Fellini avec sa délicieuse Dolce Vita, variation sur l'oisiveté des élites romaines,


 

Visconti retournait à son néo-réalisme avec Rocco et ses frères.

 


 

Luchino fut tellement irrité par le succès du film de son homologue, qui faisait scandale de l'autre côté des Alpes, qu'il avait affirmé que Fellini avait filmé ses maîtres ce qui provoqua l'ire de Federico, qui revendiqua son origine populaire face au mépris de l'aristocratie milanais !

En 1963, les deux réalisateurs sont à nouveau en compétition, avec Le Guépard, vaste fresque historique sur l'aristocratie sicilienne,

 


 

alors que Fellini filait la métaphore égotiste dans 8 1/2, histoire d'un réalisateur à cours d'idée pour faire un film !


 

Les deux hommes épousaient alors une direction totalement différente, l'un, narrant les remous mélodramatiques de l'histoire italienne, l'autre, s'adonnant de plus en plus à la rêverie. L'un rigoureux sur le réalisme de ses oeuvres, l'autre chaotique dans ses chemins oniriques, l'un maître du plateau, l'autre bordélique à souhait ! Seul le musicien Nino Rota partageait les deux hommes !

C'est au festival de Spolète, en 1970,  que les deux hommes se réconcilièrent, l'un pour le Satyricon, oeuvre curieuse de Fellini, l'autre, pour le tragique Les Damnés. Les deux géants du cinéma italien faisaient alors la paix.

 




12/02/2017
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